la méthode Montessori adaptée aux personnes âgées

Cette méthode pédagogique, développée par le médecin italien Maria Montessori au début du 20ème siècle, cherche à favoriser autonomie et confiance en soi chez les enfants, en leur permettant d’évoluer à leur rythme et dans une grande liberté.

Elle pourrait se résumer en la phrase : « Aide-moi à faire seul »

Durant les années 1970, l’idée est venue au professeur Cameron Camp d’étendre ces principes éducateurs aux personnes âgées souffrant de troubles cognitifs (tels que les pathologies de type Alzheimer) en utilisant les principes de la méthode Montessori.

Adapter ces principes aux patients souffrant de troubles cognitifs leur donne la possibilité de retrouver un maximum d’autonomie dans les gestes de la vie quotidienne.

L’idée de la méthode d’éducation Montessori est de faire travailler la mémoire procédurale (qui est une forme de mémoire à long terme)grâce à des activités adaptées.

La mémoire procédurale est une forme de mémoire implicite qui porte sur les habiletés motrices, les savoir-faire, les gestes habituels. C’est grâce à elle qu’on peut se souvenir comment exécuter une séquence de gestes. Elle est très fiable et conserve ses souvenirs même s’ils ne sont pas utilisés pendant plusieurs années. La mémoire procédurale est activée dans les actions que nous menons « en roue libre » : faire du vélo, allumer une cigarette, préparer un œuf à la coque, démarrer sa voiture…(Wikipedia).

 

La méthode Montessori :

Les capacités restantes sont préservées dans la mesure du possible, et certains patients peuvent récupérer des gestes de la vie quotidienne oubliés car non utilisés (parfois depuis des années).

Les souvenirs sont retrouvés et utilisés inconsciemment pour l’exécution de ces gestes qui requièrent à la fois des compétences cognitives et motrices.

«Tout ce que nous faisons, du moment où nous nous levons jusqu’au moment de notre coucher, peut être considéré comme un ensemble d’activités. Toute personne peut être plus ou moins fière de ce qu’elle a accompli durant une journée et ce sentiment de succès ou d’échec affecte son estime d’elle-même. La satisfaction que nous éprouvons à l’égard de notre propre vie ainsi que l’idée que nous nous faisons de notre propre valeur sont grandement déterminées par les activités que nous réalisons quotidiennement. Ceci reste vrai lorsqu’une personne est atteinte de troubles cognitifs. Il est donc nécessaire que le malade effectue quotidiennement des activités nombreuses, stimulantes sociales et qui ne le mettent pas en échec mais contribuent au contraire à le valoriser. » Pr Cameron Camp.

La « démence » est vue comme une maladie qu’il faut traiter. La vision Montessori  la voit comme un handicap : la personne atteinte de démence est une personne normale, avec unhandicap cognitif.

L’autonomie et l’indépendance sont des principes fondamentaux  de la méthode.

Les personnes atteintes de pathologies de type Alzheimer sont souvent traitées comme de grands enfants : elles ne peuvent prendre leurs propres décisions (source de frustration qui peut générer une certaine agressivité).

Là où cette méthode est appliquée, le principe est d’impliquer au maximum les personnes âgées dans des processus de décision, en leur demandant ce qu’elles souhaitent manger par exemple.

 

L’autonomie va passer par la création d’un environnement adapté au patient, afin qu’il puisse faire le plein usage des capacités dont il dispose encore, ce qui réduit de manière significative le stress et la frustration liés aux troubles cognitifs, et à changer le regard souvent négatif que le patient porte sur lui-même.

 

La méthode consiste en la réalisation de sept activités basées sur la méthode Montessori (lavage de mains, lecture et discussion autour d’une histoire courte, activité de catégorisations, motricité fine, enfilage d’un vêtement, perception des couleurs et de la profondeur, utilisation d’un calendrier). Chacune de ces activités sollicite une variété de compétences et capacités non évaluées dans les outils classiques d’évaluation (telles que la lecture, les capacités d’imitation, les capacités de motricité fine et plus large, l’utilisation de modèles, l’utilisation d’une aide externe, la capacité à donner son avis, etc.).

 

Selon les principes de la méthode Montessori, il est important de considérer :

 

1) Le respect de la personne :

La vision classique traditionnelle : perte d’autonomie ; La vision Montessori : donner le choix

Il est nécessaire de tenir compte de l’histoire de vie, des goûts et des dégoûts possibles. Il faut proposer des activités en fonction des habiletés préservées (sensorielles, motrices, sociales, cognitives..) et des habiletés altérées.

 

2) L’environnement :

La vision classique : la sécurité ,la vision Montessori : un allié

L’environnement est essentiel. Le lieu doit être  adapté à l’activité et bien délimiter la zone de travail, tout éliminant au maximum les stimuli pouvant distraire la personne âgée.

 

3) L’intégration sociale

 La vision classique : une vie commune, la vision Montessori : une appartenance

Le but n’est pas uniquement d’obtenir des effets positifs sur les capacités individuelles, mais également de renforcer les liens sociaux et la sensation d’appartenance.

 

4) Les capacités préservées

La vision classique traditionnelle : ce qui ne va pas, La vision Montessori : ce qui va.

 

5) Le matériel :

-Les objets utilisés doivent faire référence au quotidien, être reconnaissables et visibles ;

– le matériel doit être librement manipulable, présenté de gauche à droite et de haut en bas.

 

6) L’accompagnant :

Le patient doit avoir la possibilité de choisir parmi plusieurs activités en lui en proposant plusieurs (et non en lui posant simplement la question : que désirez-vous faire ?) et de lui demander par la suite son ressenti sur l’activité choisie.

L’accompagnant ne doit pas intervenir pour corriger le malade, au risque de lui faire perdre confiance en ses capacités, il est donc primordial de ne pas trop parler mais plutôt de montrer chaque étape de chaque activité et répéter jusqu’à ce que le patient soit capable d’imiter.

 

“Toute aide inutile est une entrave au développement de l’individu. Chaque chose que vous faites à ma place est une chose que vous m’enlevez !” Maria Montessori